Annecy 2026 : l’animation mondiale entre héritage, innovation et avant-premières très attendues

À l’approche du Festival international du film d’animation d’Annecy, qui se tiendra du 21 au 27 juin 2026, l’animation s’apprête une nouvelle fois à occuper le devant de la scène. Entre œuvres patrimoniales, créations contemporaines, expérimentations visuelles et grandes avant-premières internationales, cette édition confirme le rôle central qu’occupe Annecy dans l’écosystème mondial de l’animation.

Pour accompagner l’événement, France Télévisions met en place dès le 17 juin une programmation exceptionnelle sur france.tv ainsi que sur plusieurs de ses chaînes. L’objectif n’est pas seulement de prolonger l’expérience du festival auprès du grand public, mais aussi de donner à voir la diversité d’un art qui ne cesse de se réinventer.

La sélection proposée couvre plusieurs générations de cinéastes et de sensibilités artistiques. Parmi les longs métrages disponibles figurent des œuvres devenues incontournables, à commencer par La Planète sauvage de René Laloux. Ce classique de la science-fiction animée continue de fasciner par son univers étrange et visionnaire, où l’humanité tente de s’émanciper sous la domination d’une civilisation technologiquement supérieure.

À ses côtés, des films plus récents rappellent à quel point l’animation est devenue un territoire privilégié pour raconter l’intime et l’histoire. Interdit aux chiens et aux Italiens d’Alain Ughetto revient sur le destin d’une famille italienne contrainte à l’exil au début du XXe siècle. Josep d’Aurel retrace quant à lui le parcours du dessinateur Josep Bartolí dans une Europe bouleversée par la guerre civile espagnole et ses conséquences. D’autres récits explorent les liens familiaux, la mémoire ou le déracinement, comme Ma famille Afghane de Michaela Pavlátová ou encore L’Extraordinaire Voyage de Marona d’Anca Damian, qui raconte une vie entière à travers le regard profondément bienveillant d’une chienne.

L’aventure et l’imaginaire ne sont pas en reste. Tout en haut du monde de Rémi Chayé emmène les spectateurs vers les régions polaires dans une quête aussi épique qu’émouvante, tandis que les courts métrages sélectionnés témoignent d’une remarquable liberté de ton. Sulaimani observe avec finesse les regards croisés de deux femmes dans un restaurant parisien. Carcassonne-Acapulco choisit l’absurde et le décalage pour transformer un incident improbable en réflexion collective aussi drôle que déroutante.

Sur France 2, la collection Histoires courtes poursuivra cette exploration des nouvelles écritures. Plusieurs créations inédites y seront dévoilées. At Night imagine, au cœur de la guerre, un refuge presque magique né d’une simple étreinte. La bicyclette et le vélo s’intéresse aux tensions du quotidien à travers un couple confronté à des rythmes de vie différents. Plus mordant, Like a Beast projette le spectateur dans un futur post-apocalyptique où la survie passe encore par la publication de selfies, tandis que Jailbirds installe une satire grinçante dans une prison gouvernée par un directeur obsédé par le bonheur d’un détenu.

France 3 participera également à cette célébration de l’animation avec plusieurs courts métrages et avant-premières, parmi lesquels Kosmogonia, Noon le pain de Téhéran ou encore Kaminhu. La chaîne diffusera aussi prochainement La Planète sauvage dans le cadre de son rendez-vous Cinéma de minuit.

Du côté de France 4, l’accent sera mis sur les productions destinées à un large public. Linda veut du poulet sera diffusé le 20 juin, tandis que La quête d’Ewilan, en compétition à Annecy dans la catégorie Film TV, bénéficiera d’une exposition particulière sur les antennes du groupe. Une soirée spéciale consacrée au festival accueillera également Mars Express, l’un des longs métrages français de science-fiction les plus remarqués de ces dernières années. Plusieurs courts métrages internationaux compléteront cette programmation, parmi lesquels Atomik Tour, The Car That Came Back from the Sea, Nun or Never et Hurikán.

Cette édition 2026 met aussi en lumière la place croissante du Luxembourg dans la production européenne d’animation. Pas moins de huit productions et coproductions luxembourgeoises figurent dans la sélection officielle du festival. Parmi elles, The Sunrise File (Le Dossier de l’aube), coproduit par Melusine Productions avec la France, participera à la compétition officielle. Dans les sections immersives, A Long Goodbye ainsi que The Dollhouse représenteront également le savoir-faire du secteur luxembourgeois.

La présence du Grand-Duché ne s’arrête pas là. Dudley & the Invasion of the Space Slugs et Julián seront présentés dans la section « Annecy Présente », tandis que New York, Miriam et moi fera l’objet d’une projection événement en avant-première. Une visibilité qui illustre la montée en puissance d’un pays devenu, en quelques années, un acteur important de la coproduction européenne.

Mais l’un des rendez-vous les plus attendus de cette édition reste sans doute le retour de Ghost in the Shell. Plus de trois décennies après la publication du manga original de Masamune Shirow, l’univers cyberpunk fait l’objet d’une nouvelle adaptation animée produite par le studio Science SARU. Les deux premiers épisodes de The Ghost in the Shell seront dévoilés en avant-première mondiale à Annecy le 22 juin.

La projection sera accompagnée d’une rencontre avec le réalisateur Mokochan et plusieurs membres de l’équipe de production, qui reviendront sur les choix artistiques, la création des personnages et les technologies employées pour donner vie à cette nouvelle vision du célèbre univers. Une séance de dédicaces est également prévue pour les spectateurs présents sur place.

L’histoire replongera les spectateurs dans le Japon hyperconnecté de 2029. À la tête de la Section 9 de la Sécurité publique, Motoko Kusanagi devra faire face à de nouvelles menaces cybernétiques, tandis que l’ombre du mystérieux Puppet Master continue de planer sur cet univers où la frontière entre l’humain et la machine demeure plus floue que jamais.

Cette renaissance de la franchise se prolongera au-delà du festival. En partenariat avec mk2.Alt, les deux premiers épisodes ainsi qu’un documentaire inédit consacré à leur fabrication seront projetés dans les salles françaises les 3 et 4 juillet. Dans le même temps, une restauration 4K du film original sortira à l’occasion du trentième anniversaire de l’œuvre. Le long métrage reviendra sur grand écran dès le 10 juin avant une édition Blu-ray 4K UHD collector prévue le 17 juin.

Entre classiques restaurés, créations émergentes, productions européennes ambitieuses et grandes licences internationales, Annecy 2026 dessine un panorama particulièrement riche de l’animation contemporaine. Un festival où la mémoire du médium dialogue constamment avec son avenir, et où les frontières entre cinéma d’auteur, innovation technologique et culture populaire semblent plus perméables que jamais.