Samsung : Entre révolution pliable au CES 2026 et réalité du milieu de gamme

Lors de l’édition 2026 du CES à Las Vegas, une prise en main du nouveau Samsung Galaxy Z TriFold a suffi pour comprendre que le secteur des smartphones pliables franchit un nouveau cap. Si j’ai testé bon nombre de téléphones fins et pliants au fil des années, ce modèle à trois volets dégage une aura particulière. Il semble que nous touchions enfin au but tant convoité : un appareil deux-en-un capable de se glisser discrètement dans une poche. Contrairement à ses prédécesseurs, ce smartphone, qui se plie techniquement deux fois pour offrir trois panneaux, s’impose comme une fusion aboutie entre le téléphone et la tablette, se distinguant nettement des formats barres classiques.

L’intérêt du Galaxy Z TriFold ne réside pas uniquement dans une fiche technique tapageuse vantant sa finesse, mais plutôt dans son utilité concrète. Une fois ouvert, l’appareil affiche une élégance indéniable avec une épaisseur de seulement 3,9 mm à son point le plus fin. La sensation en main est étonnamment naturelle, au point d’en faire oublier ses 309 grammes. Pourtant, ce modèle ne cherche pas à provoquer la même stupéfaction visuelle que le Galaxy Z Fold 7 ou le Galaxy S25 Edge ; il mise tout sur la productivité mobile. L’écran de couverture de 6,5 pouces offre une expérience très proche d’un smartphone standard pour les tâches rapides, tandis que le déploiement de l’écran interne de 10 pouces transforme l’appareil en une station de travail ou de divertissement spacieuse, idéale pour le multitâche ou le visionnage de films.

Comparaison des géants et photographie de pointe

La confrontation directe entre le Z TriFold et le Galaxy Z Fold 7 à deux panneaux met en lumière des philosophies divergentes. Si le Fold 7 permet un affichage agrandi, il ne rivalise pas avec l’expérience quasi-tablette du TriFold déployé. L’utilisation simultanée de trois applications y paraît bien moins compromise grâce à cette surface d’affichage généreuse, rendant l’usage de Samsung DeX plus pertinent que jamais pour transformer le terminal en mini-ordinateur.

Sur le plan photographique, l’évolution est flagrante. Les deux modèles pliables embarquent une configuration impressionnante : un grand-angle de 200 mégapixels, un ultra grand-angle de 12 mégapixels et un téléobjectif de 10 mégapixels, complétés par deux capteurs selfie de 10 mégapixels. Le choix entre ces formats ne se fera donc pas au détriment de la qualité d’image, un point crucial qui témoigne de la maturité atteinte par ces technologies.

Le Galaxy A51 : L’autre visage de Samsung

Loin des fastes de Las Vegas et de la technologie de pointe, le géant coréen continue d’inonder le marché avec des modèles plus accessibles, à l’image du Galaxy A51. Ici, Samsung a clairement cherché à concevoir un photophone capable d’impressionner dès le premier regard. Le pari esthétique est réussi : son large écran de 6,5 pouces aux bordures fines complète harmonieusement un dos aux reflets prismatiques, bien que le choix du plastique imitation verre rappelle son positionnement tarifaire. La dalle Super AMOLED, véritable signature de la marque, offre des noirs profonds et une luminosité suffisante pour un usage en plein soleil.

L’intégration de la caméra selfie via un poinçon central, baptisé Infinity-O, confère à l’ensemble un design résolument moderne. Au dos, le module à quatre capteurs s’inscrit dans un rectangle proéminent, suivant la tendance esthétique initiée par les séries Galaxy S20. Côté ergonomie, le constructeur a conservé la prise jack sur la tranche inférieure, un détail qui ravira les partisans de la connectique filaire, aux côtés du port USB-C et du haut-parleur.

Des performances en demi-teinte

Si l’apparence du Galaxy A51 séduit, l’expérience utilisateur révèle certaines limites, principalement imputables à son processeur Exynos 9611. Ce composant, qui succède à l’Exynos 9610 sans apporter de gain notable selon les benchmarks, peine parfois à suivre la cadence. Épaulé par 4 Go de mémoire vive, il montre des signes de faiblesse dans les jeux gourmands – Fortnite refusant même de se lancer – et impose des temps de chargement perceptibles sur les sites web lourds. Plus gênant au quotidien, le capteur d’empreintes situé sous l’écran souffre d’une lenteur qui peut rendre le déverrouillage fastidieux.

Polyvalence photographique et endurance

Le smartphone tente de compenser ces lacunes techniques par sa proposition photographique. Avec ses quatre capteurs, le Galaxy A51 joue la carte de la polyvalence. Le capteur principal de 48 mégapixels réalise d’excellents clichés en pleine lumière, restituant des couleurs vives typiques du traitement Samsung. Cependant, malgré la technique du pixel binning regroupant les photosites par quatre, l’ouverture limitée à f/2,0 pénalise les prises de vue en basse luminosité, qui restent souvent trop sombres. L’ultra grand-angle présente des qualités similaires, tandis que le capteur macro et le module de profondeur restent plus anecdotiques. À l’avant, le capteur de 32 mégapixels assure des selfies détaillés, à condition de désactiver les filtres de lissage de peau activés par défaut.

Enfin, l’autonomie demeure un point fort grâce à une batterie de 4000 mAh, capable d’encaisser une journée et demie d’utilisation modérée. Si la charge rapide est présente, elle plafonne à 15 W, nécessitant plus d’une heure et demie pour une recharge complète. Compte tenu de son positionnement tarifaire autour de 379 euros, le Galaxy A51 offre un compromis acceptable, bien que radicalement opposé aux prouesses technologiques du futuriste TriFold.