Plongeon du bitcoin sous les 70 000 dollars : la panique gagne le marché, les entreprises ripostent

Le bitcoin traverse une nouvelle zone de turbulences majeures. Ce jeudi 5 février, la cryptomonnaie phare a franchi à la baisse le seuil symbolique des 70 000 dollars, ravivant immédiatement le spectre des tempêtes financières passées. Selon BFM, la devise a même touché brièvement les 69 821,18 dollars avant de rebondir péniblement autour de 70 398 dollars à la mi-journée. Il faut remonter à novembre 2024, au moment de l’élection de Donald Trump, pour retrouver un tel creux. La chute est brutale. Sur les sept derniers jours, l’actif a dévissé de plus de 19 %, un contraste particulièrement saisissant face à son sommet historique de 126 000 dollars, atteint il y a tout juste quatre mois, le 6 octobre 2025.

Le plongeon d’une devise entraîne fatalement les autres Cette hémorragie ne s’arrête évidemment pas au seul bitcoin. Dans son sillage, les dix principales devises numériques du marché accusent des pertes massives. L’ether illustre d’ailleurs parfaitement cette dynamique destructrice avec une chute vertigineuse de 30 % sur la semaine, l’obligeant à stagner douloureusement aux alentours des 2 200 dollars. Tout a véritablement commencé le week-end dernier lorsque le cours a glissé sous les 80 000 dollars, un palier technique qui n’avait plus été enfoncé depuis le printemps précédent. Dès lors, la nervosité a changé d’échelle. Le « Crypto Fear & Greed Index », baromètre jaugeant les émotions des investisseurs lors de leurs opérations d’achat ou de vente, s’est effondré à 12 sur 100 ce même jeudi. Ce score sans appel traduit une situation de « peur extrême » sur les marchés.

L’insatiable appétit de Metaplanet malgré la tourmente Pourtant, cette ambiance de fin du monde est loin de refroidir les ardeurs des institutionnels. La société japonaise Metaplanet vient d’annoncer ce vendredi l’émission de 8 milliards de yens (environ 50 millions de dollars) d’obligations à taux zéro. L’objectif avoué est de gonfler encore davantage ses réserves de bitcoins. Ces obligations non garanties, qui arriveront à échéance en avril 2027, ont été allouées au fonds EVO FUND, un investisseur basé aux îles Caïmans et lié à Evolution Financial Group. Ce montage financier permet à l’entreprise d’obtenir des liquidités fraîches sans alourdir la charge de sa dette, le remboursement devant s’effectuer au pair à l’échéance.

Calculée sur une base proche des 78 000 dollars par jeton, cette levée de fonds devrait permettre à la firme d’acquérir entre 640 et 700 bitcoins supplémentaires. C’est un ajout stratégique pour une entité qui détient déjà 40 177 BTC, soit un trésor évalué à 3,1 milliards de dollars, ce qui en fait le premier détenteur corporatif au Japon. Ses ambitions s’annoncent d’ailleurs colossales : atteindre 100 000 BTC d’ici fin 2026, puis 210 000 l’année suivante. Le pari reste tout de même risqué. Pour l’exercice fiscal 2025, Metaplanet a essuyé une perte nette de 95 milliards de yens due à la dépréciation de ses actifs, son prix d’achat moyen (104 106 dollars l’unité) étant largement supérieur aux valorisations actuelles.

Le modèle américain pousse l’accumulation à l’extrême Cette frénésie d’achats s’inspire très largement du modèle américain, où les marchés de capitaux servent de levier pour transformer le bitcoin en véritable actif de trésorerie. L’entreprise Strategy en est sans doute l’illustration la plus spectaculaire. Plus tôt cette semaine, elle a révélé l’acquisition de 34 164 bitcoins pour la somme astronomique de 2,54 milliards de dollars. Ce coup de maître, financé par des ventes d’actions et l’émission de titres privilégiés STRC, figure parmi les transactions les plus massives de son histoire.

Aujourd’hui, Strategy trône sur une réserve de 815 061 bitcoins. En dépassant le géant BlackRock, la firme a investi au total près de 61,56 milliards de dollars pour amasser un butin représentant plus de 3,8 % de l’offre mondiale de bitcoins en circulation. Face à ce positionnement ultra-agressif et aux risques qu’il comporte, les investisseurs se montrent cependant prudents : les actions de la société ont d’ailleurs reculé lors des échanges de préouverture, témoignant des doutes persistants qui planent sur le marché.