Le Portugal s’est imposé 2-1 face à la Croatie lors des huitièmes de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, mais le résultat est rapidement passé au second plan en raison d’un vif débat autour d’un temps additionnel exceptionnellement long. Alors que le chronomètre dépassait les 100 minutes et que la Croatie voyait un but égalisateur inscrit dans le temps additionnel être annulé après une intervention de la VAR, les réseaux sociaux se sont enflammés. Beaucoup se sont demandé si l’arbitre avait accordé un temps additionnel excessif.
De nombreux supporters ont estimé que le match aurait dû être arrêté plus tôt, tandis que d’autres ont défendu l’arbitrage en s’appuyant sur les directives actualisées de la FIFA concernant le calcul du temps de jeu. Cette controverse est rapidement devenue l’une des décisions arbitrales les plus commentées du tournoi.
Pourtant, un examen plus attentif des Lois du Jeu de la FIFA, ainsi qu’une reconstitution des événements de la seconde période, permet de comprendre pourquoi la rencontre s’est prolongée bien au-delà du temps additionnel initialement annoncé. Plutôt que de révéler une erreur d’arbitrage, cette prolongation reflète l’approche actuelle de la FIFA, qui consiste à compenser précisément chaque interruption significative du jeu.
Pourquoi Portugal – Croatie se jouait-il encore après la 100e minute ?
La principale source de confusion concernait le chronomètre.
De nombreux supporters s’attendaient à ce que l’arbitre siffle la fin du match dès l’expiration du temps additionnel affiché. Pourtant, la rencontre s’est poursuivie jusqu’à la 103e minute avant le coup de sifflet final.
Conformément à la Loi 7 des Lois du Jeu de l’IFAB, le temps additionnel annoncé constitue uniquement la durée minimale qui sera ajoutée. Si de nouveaux arrêts surviennent pendant cette période – notamment des blessures, des remplacements, des incidents disciplinaires, des célébrations de but ou des vérifications de la VAR – l’arbitre est tenu de compenser également ces interruptions.
Ce principe est devenu beaucoup plus visible depuis que la FIFA a demandé aux arbitres, lors des récentes compétitions internationales, de calculer le temps perdu avec davantage de précision plutôt que d’arrêter les matchs dès que le temps affiché est écoulé.
Chronologie : d’où vient ce temps additionnel ?
L’une des raisons pour lesquelles la polémique a pris une telle ampleur est que de nombreux téléspectateurs n’ont vu que le temps affiché à la fin du match, sans prendre en compte les nombreuses interruptions survenues durant la seconde période.
Le tableau ci-dessous reconstitue les principaux événements ayant contribué à ce long temps additionnel.
| Minute du match | Incident | Temps perdu estimé |
| 67′ | Soins à un joueur après un tacle appuyé | Environ 2 minutes |
| 74′ | Vérification VAR concernant le penalty accordé au Portugal | Environ 3 minutes |
| 82′ | Plusieurs remplacements des deux équipes | Environ 1 minute |
| 88′ | Nouvelle interruption pour blessure et retard de la reprise du jeu | Environ 1 minute |
| 90’+ | Célébration du but du Portugal et reprise du jeu | Environ 1 minute |
| 96′ | Vérification VAR d’une action offensive tardive de la Croatie | Environ 2 minutes |
| 101′ | Brève interruption pour blessure avant la reprise du jeu | Environ 1 minute |
Temps total perdu estimé : environ 11 minutes.
Bien que le quatrième arbitre ait initialement annoncé un temps additionnel inférieur, les nouvelles vérifications de la VAR et les interruptions pour blessures intervenues après l’affichage du panneau justifiaient une prolongation supplémentaire conformément aux règles de la FIFA.
Cette chronologie explique pourquoi l’arbitre a laissé jouer au-delà du temps additionnel initialement indiqué au lieu de mettre immédiatement un terme à la rencontre.
Comprendre les règles de la FIFA concernant le temps additionnel
De nombreux amateurs de football pensent encore que l’arbitre doit obligatoirement mettre fin au match dès que le temps additionnel affiché est écoulé.
Ce n’est pourtant pas ainsi que fonctionnent les règlements de la FIFA.
La Loi 7 prévoit que les arbitres doivent ajouter du temps pour compenser :
- les blessures et les soins médicaux ;
- les remplacements ;
- les célébrations de but ;
- les interventions de la VAR ;
- les sanctions disciplinaires ;
- les pertes de temps volontaires ;
- toute autre interruption significative du jeu.
Il est important de noter que ces interruptions doivent également être compensées lorsqu’elles surviennent pendant le temps additionnel lui-même.
Par exemple, si huit minutes de temps additionnel sont annoncées mais qu’une intervention de la VAR dure trois minutes supplémentaires, l’arbitre est censé récupérer ces trois minutes avant de siffler la fin du match.
C’est précisément pour cette raison que les matchs de la Coupe du Monde dépassent de plus en plus souvent les 100 minutes lors des derniers tournois.
La décision de la VAR qui a changé le match
Le moment le plus controversé est survenu dans les dernières minutes du temps additionnel.
La Croatie pensait avoir égalisé à la 103e minute lorsque Joško Gvardiol a trouvé le chemin des filets.
L’arbitre assistant a volontairement retardé son signalement du hors-jeu, conformément au protocole de la FIFA applicable aux actions offensives très serrées. Plutôt que d’interrompre immédiatement le jeu, les officiels ont laissé l’action se terminer avant de lancer une vérification vidéo.
Grâce à la technologie du hors-jeu semi-automatique ainsi qu’au ballon officiel équipé d’un capteur électronique, la VAR a déterminé que l’attaquant croate impliqué dans l’action était en position de hors-jeu de très peu.
Le but a donc été annulé conformément à la Loi 11.
Même si cette décision a profondément déçu les joueurs et les supporters croates, elle a été prise selon la procédure officielle de la FIFA.
L’arbitre a-t-il respecté les règles de la FIFA ?
Au regard des règlements publiés par la FIFA ainsi que des analyses réalisées après la rencontre, la réponse semble être oui.
Les deux décisions les plus controversées de l’arbitre ont été soumises à une vérification par la VAR.
Tout d’abord, le Portugal a obtenu un penalty après que la vidéo a confirmé une faute commise dans la surface de réparation.
Ensuite, le but égalisateur inscrit par la Croatie dans les derniers instants a été annulé après que la technologie du hors-jeu semi-automatique a détecté une position illicite.
Aucune de ces deux décisions ne reposait uniquement sur le jugement initial de l’arbitre. Elles ont toutes deux été examinées à l’aide du système VAR renforcé utilisé pendant le tournoi avant d’être confirmées.
La longueur inhabituelle du temps additionnel a suscité beaucoup de frustration chez les joueurs et les supporters croates, mais les procédures appliquées étaient conformes au protocole actuel de la FIFA.
Pourquoi les supporters ont-ils estimé que le temps additionnel était excessif ?
Le débat est essentiellement né d’une différence de perception.
Dans la plupart des championnats nationaux, les matchs se terminent généralement peu après le temps additionnel annoncé, même lorsque quelques interruptions mineures surviennent.
La FIFA, en revanche, encourage désormais les arbitres à récupérer pratiquement chaque interruption importante lors des compétitions internationales.
Cette philosophie a attiré l’attention du monde entier dès la Coupe du Monde 2022, lorsque plusieurs rencontres avaient déjà dépassé les 100 minutes.
La Coupe du Monde 2026 poursuit cette même approche, les arbitres mettant davantage l’accent sur le temps de jeu effectif plutôt que sur un simple respect du chronomètre affiché.
Le match Portugal – Croatie constitue ainsi un nouvel exemple de l’interprétation plus stricte adoptée par la FIFA en matière de gestion du temps.
Les réactions de la Croatie et du Portugal après le coup de sifflet final
Après la rencontre, le sélectionneur croate Zlatko Dalić a exprimé sa frustration concernant plusieurs décisions arbitrales, estimant que des moments décisifs avaient tourné en défaveur de son équipe lors de l’un des plus grands matchs à élimination directe du tournoi.
De son côté, le sélectionneur portugais Roberto Martínez a adopté une position opposée. Il a déclaré que l’arbitre avait correctement utilisé la VAR afin de prendre les bonnes décisions dans deux situations qui ont profondément influencé le résultat du match.
Même si les émotions étaient naturellement très fortes après l’élimination de la Croatie, aucun des deux entraîneurs n’a contesté le fait que les décisions avaient été prises conformément aux procédures officielles de révision établies par la FIFA.
Comment fonctionne la technologie du hors-jeu semi-automatique ?
Le but refusé à la Croatie a également mis en lumière les progrès technologiques réalisés par la FIFA dans le domaine de l’arbitrage.
Au lieu de s’appuyer uniquement sur des lignes de hors-jeu tracées manuellement, la Coupe du Monde utilise plusieurs caméras de suivi associées à un capteur intégré dans le ballon officiel.
Ce système permet de déterminer avec une extrême précision le moment exact où le ballon est joué, tout en calculant simultanément la position de chaque joueur sur le terrain.
Grâce à cette technologie, les arbitres peuvent prendre des décisions extrêmement précises sur les situations de hors-jeu, même lorsque l’écart ne dépasse que quelques centimètres.
Bien que ce type de décision paraisse souvent controversé aux supporters qui regardent le match en direct, la FIFA a précisément introduit cette technologie afin de réduire les erreurs humaines lors des grandes compétitions.
Réactions sur les réseaux sociaux
La controverse s’est rapidement propagée sur les réseaux sociaux.
De nombreux internautes ont demandé pourquoi l’arbitre avait laissé jouer bien après l’expiration du temps additionnel annoncé, tandis que d’autres estimaient que la Croatie avait été privée d’une occasion équitable par la VAR.
Les spécialistes de l’arbitrage ont toutefois rappelé que les Lois du Jeu de la FIFA imposent de récupérer chaque interruption importante survenant pendant le temps additionnel.
Ainsi, une grande partie du débat en ligne reflétait surtout des attentes différentes concernant la gestion moderne du temps de jeu, plutôt qu’une véritable erreur d’arbitrage.
Conclusion
La victoire 2-1 du Portugal contre la Croatie restera dans les mémoires non seulement pour son dénouement spectaculaire, mais également pour l’intense polémique entourant le temps additionnel et les interventions de la VAR.
La reconstitution de la chronologie du match montre que cette longue prolongation résulte de l’accumulation de plusieurs blessures, remplacements, célébrations de but et longues vérifications vidéo intervenues tout au long de la seconde période. Une fois toutes ces interruptions prises en compte, le fait que la rencontre se soit prolongée jusqu’à la 103e minute apparaît conforme à l’interprétation actuelle des Lois du Jeu par la FIFA.
Même si le but refusé à la Croatie dans les derniers instants a considérablement alimenté la controverse, les décisions arbitrales – qu’il s’agisse du penalty accordé au Portugal ou de l’annulation du but pour hors-jeu – ont été prises conformément aux procédures officielles établies par la FIFA. Plutôt que de mettre en évidence une défaillance de l’arbitrage, cette rencontre illustre la manière dont le football moderne privilégie de plus en plus un chronométrage précis et des décisions assistées par la technologie, même lorsque celles-ci demeurent impopulaires auprès des supporters.