Dunes : un patrimoine naturel vulnérable à protéger - Ile d'Yeu

Sandrine Desmarest, du service patrimoine de la mairie, a attiré dimanche 20 septembre les curieux du patrimoine naturel à la plage des Illias. Avec son talent de conteuse, elle les a emportés vers les horizons marins, en leur expliquant le rôle des océans. Elle leur a raconté les oiseaux qui fréquentent les bords de plage ainsi que la vie de la dune, « ce pare-choc naturel qui protège de l’assaut des vagues, fixé par des plantes sauvages dont les racines piègent le sable ». Des plantes à préserver pour entretenir la bonne santé de la dune.


Haut de plage

La bonne santé de la dune commence avec la laisse de mer, ce mélange d’algues, de coquillages et de bois qui, au gré des marées, de leur coefficient et de la météo se déposent sur la plage. « La laisse de mer est un lien magique entre la mer et la terre.

En se décomposant, elle fournit le compost sur lequel pousse le premier cordon de plantes qui tient la dune ». Riche en insectes, c’est aussi un « open bar » dont les oiseaux sont friands. « Quatre plantes sont emblématiques du haut de la plage. Il s’agit de plantes grasses, comme dans le désert, qui ont des réserves d’eau pour résister à la sécheresse et au sel : le pourpier, une plante rampante, le cakilier aux petites fleurs blanches, la soude épineuse et l’arroche des sables, dont les glandes racinaires éjectent le trop plein de sel ».


Dune blanche

Au-dessus de ces plantes pionnières, la dune blanche. Dite mobile parce qu’elle s’engraisse ou s’amaigrit en fonction du vent, de la marée et de son coefficient. Il y pousse des hautes herbes (graminées) comme le chiendent ou l’oyat. « Celui-ci possède une tige un peu cireuse qui le protège de la mitraille des grains de sable. Ses feuilles ont des capteurs d’humidité et s’enroulent sur elles-mêmes pour emmagasiner l’eau douce. Ses racines peuvent atteindre plus de 10m de profondeur pour aller chercher l’humidité. Elles retiennent ainsi le sable et fixent la dune ». Poussent aussi sur la dune blanche la giroflée des dunes, plante bisannuelle, le liseron soldanelle, le gaillet de sable, l’euphorbe du littoral, le panicaut des dunes, l’œillet de France protégé au niveau national…


Dune grise

Au-dessus, la dune grise, ainsi dénommée compte tenu du tapis de mousse et de lichen qui la recouvre, plus foncé que le sable. Légèrement plus abritée et fixe, elle accueille une biodiversité un peu plus importante. On y trouve des immortelles, ces petites fleurs jaunes au parfum safrané qui embaume, de l’armoise, des orchidées sauvages, des ophrys araignées qui apparaissent au cœur du printemps ou encore des queues de lièvre – appelées aussi doudou, chaton ou autre nom doux selon les familles. Parmi les mousses, la tortula grise a pour particularité de verdir dès qu’elle reçoit de l’eau. Comme un petit miracle.


Armes défensives contre l’érosion dunaire, toutes ces plantes n’en sont pas moins vulnérables. Les cueillir ou les piétiner fragilise la dune. Les respecter l’aide à résister aux attaques de l’océan.

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Commentaires : 1
  • #1

    maoya (jeudi, 04 février 2016 20:08)

    Merci Sandrine !
    Très enrichissant vos commentaires sur la flore