Un grand moment de bonheur avec la Bohème de Puccini

Pour sa 10e édition, l’atelier de mise en scène organisé à l’île d’Yeu par l’association Escales Lyriques a débouché sur la représentation de La Bohème. Les huit jeunes chanteurs sélectionnés sur audition à Paris en janvier avaient l’âge de leurs rôles, ce qui donnait un charme particulier à cette production – l’opéra de Puccini étant en général monté sur de grandes scènes internationales avec des chanteurs confirmés. « Le métier de chanteur lyrique est difficile, il faut se battre au sortir de l’école pour débuter sa carrière. Grâce à des personnes comme Libby et Jean-Yves Cherdel, ils peuvent montrer qui ils sont » souligne Paul-Émile Fourny. Le directeur artistique de l’Opéra de Metz-Métropole mettait en scène pour la cinquième fois l’opéra estival de l’île, avec à ses côtés Marcel Vanaud, coach vocal. L’association est soutenue par de nombreux partenaires et mécènes, au premier rang desquels le conseil régional, le conseil départemental et la commune de l’île d’Yeu.

 

Des solistes riches en ressources

Accompagnés par Bertille Monsellier et Knut Jacques, pianistes-chefs de chant et Thierry Mathias, flûtiste, 

tous ces jeunes solistes se sont entièrement donnés. Ils ont montré une remarquable aisance sur scène et ont séduit le public. Amalia Avilan et Victoria Jung ont été particulièrement éblouissantes. La première, bouleversante et tendre Mimi, mettait en valeur la poésie du livret et s’est lancée avec Rodolfo (Gevorg Hakobjan) dans des duos d’amour à faire tirer les larmes. La seconde interprétait Musetta avec la pétulance d’une grande coquette, ravie de faire enrager Marcello (German Alcantara).

 

Une mise en scène poétique

Dans la salle du Casino bien peu conçue pour l’opéra, le recours agréablement sobre à la vidéo apportait non seulement le décor des rues de Paris au XIXe siècle, mais aussi des zooms sur l’action en cours et, par un système astucieux de « lanterne magique » créait l’illusion d’une animation festive au quartier latin et au café Momus – en l’absence de chœur. En choisissant de faire écrire l’histoire par le poète Rodolfo, comme une remémoration, Paul-Émile Fourny accentuait le côté intemporel des amours tourmentés et contrariés.

Après les trois représentations données au Casino, trois autres étaient prévues mi-août au Festival des soirées lyriques de Gigondas dans le Vaucluse.


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Gevorg Hakobjan (Rodolfo) et Amalia Avilan (Mimi) ont ému aux larmes. Photo Guy Welitz

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