Avis de tempête à l'île d'Yeu entre les marins et la CCI

Un récent rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Vendée de 2006 à 2011, et particulièrement « sur son activité de concessionnaire des ports de pêche départementaux », a mis le feu aux poudres d'abord en raison des hausses de rémunérations extravagantes des principaux dirigeants de la CCI puis au sujet de la gestion des ports de pêche. Le 5 décembre, le conseil portuaire de l'île d'Yeu n'aura duré qu'une dizaine de minutes : les marins n'ayant pas obtenu que le rapport de la CRC soit inscrit à l'ordre du jour ont quitté la salle accompagnés des autres usagers du port. Une réunion est prévue le vendredi 31 janvier, par un coefficient de 111 qui pourrait bien faire des vagues...

Deux millions pour gérer la pêche à la Roche...

  

Depuis des années, les usagers des ports et notamment les professionnels de la pêche posaient des questions sur le poids des charges indirectes qui pèsent sur les ports et servent au fonctionnement général de la CCI, la fameuse « part contributive », sans obtenir de réponse. Or page 29 du rapport, on peut lire que, pour la pêche, la « ventilation des charges indirectes (...) pénalise les trois ports les moins importants. Les charges qui ne découlent pas du centre de marée et qui proviennent de la structure de la CCI ne représentent ainsi que 9,20 % des charges aux Sables d’Olonne, alors qu’elles en représentent 45,37 % à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, 41,59 % à l’Ile d’Yeu et 36,07 % à l’Herbaudière. » En clair, la CCI ferait proportionnellement plus peser ses frais de gestion centralisés aux plus petits ports que sur celui des Sables. « Ces variations d’une année sur l’autre et d’un port à l’autre rendent les imputations de frais de structure peu lisibles. Elles apparaissent, également, sans justification économique claire quant au service rendu aux ports de pêche par la structure centrale de la CCI. » Au total, le décalage entre ce que coûtent les activités pêche des quatre ports (8,193 millions €) et ce que coûtent les criées locales (6,027 millions €) s'élèvent à plus de 2 millions d'Euros qui seraient donc imputables, en 2011, à des dépenses faites à la Roche pour gérer la pêche vendéenne... Les marins crient au vol et demandent des explications détaillées.

  

Crises de confiance et de gouvernance

  

La gestion du port de l'île d'Yeu est en enjeu local majeur depuis les élections cantonales de 2011 quand Bruno Noury avait lancé l'idée d'une société d'économie mixte pour gérer le port, qui comme les autres en Vendée appartient au Conseil général. Or, le dit CG a récemment lancé dans Le Marin un avis d'appel à candidatures pour « une délégation de service public portant sur l'exploitation et le développement des ports des Sables d'Olonne et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. » Cet appel d'offres va-t-il pousser le CG à redistribuer les cartes de tous les ports départementaux ? Difficile à imaginer alors qu'ils pèsent pour 65% du budget annuel de la CCI ! Y a-t-il une stratégie inavouée pour « couler » les criées les moins rentables ? Voudrait-on en transmettre la gestion à des privés ? La CCI pourra difficilement s'affranchir des explications financières car a priori la validation des budgets 2013 et 2014 du port de l'île d'Yeu est nécessaire à son bon fonctionnement administratif. L'île d'Yeu peut-elle bloquer la CCI de Vendée et provoquer un grand chambardement ? La réunion du 31 janvier risque d'être électrique entre des dirigeants de la CCI poussés par le Conseil général à venir s'expliquer et des marins ulcérés qui parlent de « crise de confiance » et de « crise de gouvernance »...

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