La fin de la pêche à la taupe...

À la suite de leur manifestation du dimanche 6 mai qui avait bloqué la communication des résultats de l'élection présidentielle, les marins taupiers de l'île d'Yeu avaient obtenu un rendez-vous avec le directeur des pêches. Cette rencontre a eu lieu le vendredi 11 mai à la Préfecture de Région à Nantes. Et les nouvelles ne sont pas très encourageantes...

Dans le communiqué envoyé le 6 mai au soir, les marins islais demandaient « l'allocation définitive du quota compensatoire de sole », une indemnisation financière à la hauteur des années précédentes via les « arrêts biologiques » et proportionnelle au « préjudice économique subit », une réflexion pour une « reconversion digne » et enfin d'évaluer le montant pour chaque bateau d'un « plan de sortie de flotte », c'est-à-dire de sa destruction.

Les résultats de la réunion du 11 mai condamnent quasiment la traditionnelle pêche au requin-taupe que les marins de l'île d'Yeu étaient les derniers à pratiquer en Europe. Philippe Mauguin, le directeur des pêches, propose des aides sous forme d'arrêts biologiques de 40 jours « en contrepartie de l'abandon définitif des PPS (permis de pêche) au requin-taupe et d'une reconversion des navires taupiers vers d'autres pêcheries » comme la sole, le merlu et le thon rouge. L'arrêt définitif de la pêche au requin-taupe se négocie donc entre 50.000 et 70.000€... Il s'engage à augmenter l'accès au thon rouge pour les palangriers islais dans les années à venir, car pour 2013 les quotas de cette espèce seront redistribués. Les 76 tonnes de sole supplémentaires seront bien accordées. Enfin, un montant a été communiqué aux armateurs des cinq bateaux concernés s'ils acceptaient de les détruire. Les armateurs vont-ils succomber aux sirènes financières ? L'un d'eux nous confiait très récemment : « aujourd'hui, je te dis non. Mais demain, avec les problèmes d'équipage, je te dirai peut-être oui... »

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